La persistance du concept khomeyniste de wilayat al-faqih comme vecteur de la pensée politique et des engagements militaires locaux et régionaux du Hezbollah libanais soulève avec pertinence la question de sa justesse à l’égard de l’intérêt national. Les dirigeants du Hezbollah sont toujours restés fidèles à la figure du wali al-faqih, chargée de pensées et de sentiments révolutionnaires, et jouissant de compétences et prérogatives absolues pour trancher dans toutes les affaires de l’État et de la Umma. Ils n’ont jamais réexaminé les conséquences de cette doctrine pour en dégager sa portée théologico-politique, son efficacité ou sa validité pragmatique. Pourtant, les nombreux savants et personnages chiites libanais et non libanais avaient mis en cause cette doctrine à la suite de la révolution islamique en Iran en 1979. Mais, malgré cela, les dirigeants du Hezbollah ne cessent de créer une situation inédite qui complique encore davantage l’élaboration d’une entente sur le concept déjà problématique d’intérêt national, sans lequel aucune amélioration du pays n’est envisageable.